Poésies
 

Voici quelques poésies , bien campagnardes et à vrai dire sans prétention; les deux premières," à la campagne" et "l'accordéoniste" ont surgi dans mes pensées à la suite de faits divers qui m'ont troublée et émue; je les ai rapportés sur le mode humoristique, car parfois il vaut mieux en rire qu'en pleurer!

L'accordéoniste

Joue l'accordéoniste, joue dans la rue,
écoutant les notes que tu fais naître,
et tomber les sous qui font penser aux belles,
qu'elles ont encore un peu d' bon coeur.
Tu as raison l'accordéoniste,
s'coue le un peu le coeur de ces d'moiselles,
c'est pas par bonté qu'un franc elles te jettent
comme un trognon dans une poubelle,
c'est par pitié, celle qui est née avec les curés et la confesse.
La pitié des gens heureux qui rotent encore le r'pas trop gras qu'ils ont mangé
la pitié qui fait que, quand on a donné on est content pendant des mois,
tant-pis, p'tit gars, si tu crèves pendant c'temps là.
Mais, ça fait rien l'accordéoniste,
joue la musique qu'au fil des jours tu as fait tienne,
elle ne ressemble plus à rien,qu'à la misère que sur toi tu traînes.
"Pourquoi qu'y travaille pas?" dit l'enfant sage à sa mère
qui loin de là l'entraîne.
Eh! oui , l'accordéoniste, pourquoi avec tes notes et ta misère
tu nous agresses,
au lieu d' aller laver l'trottoir qu'avec les gueux tu dégueulasses?